HAMAC DE FER – André Daviaud

Hamac de fer

Épopée poétique…

Un jeune Afghan décide d’émigrer en Europe après avoir participé à la défense de sa vallée du Panshir aux côtés du Commandant.

Il voyage en quête du du bonheur des pays à la vie facile…

Récit d’une odyssée avec ses multiples rebondissements. La langue, toujours poétique, renforce le tragique de cette destinée.

Note de mise en scène et scénographie

Cette quête du bonheur est symbolisée par une plaque de tôle qui se transforme et rythme le parcours : elle est tour à tour une cache de camion, un train, une tente de la «jungle» ou une embarcation de fortune…
La scénographie brute laisse la place à la lumière et au voyage pour que le spectateur puisse s’imprégner des tableaux poétiques dépeints par André DAVIAUD. La direction d’acteur met en valeur la narration et la poésie du texte à travers des dialogues et monologues prenant corps à deux ou trois comédiens.

Le soleil se lève dans la vallée du Panshir.

Les montagnes sont blanches, elles dressent leurs crocs blêmes pour mordre l’orée de la nuit. Toute une frontière de pics enserre la rivière qui court en bas, dans des contorsions rampantes. Les pentes sont sévères qui se haussent de plus en plus, abandonnant à la vallée un poil vert de bosquets et de prairies.

La vallée encaisse les eaux, dans un long parcours surprenant. Parfois, elle étale sa chair, elle déroule sa plaine comme on étale la pâte sous les pétrissures du poing. Souvent, elle s’étrangle, se contracte, comme pressée entre deux mains. C’est le moule d’un pain étrange, parfois boule et parfois galette, mouillé par l’eau qui court sans cesse, bouillante au printemps, étroite en été et lente dans les froids de l’hiver. La poussière en est la levure, saupoudrant à grands coups de vent la cuisson de ce paysage.

Il a sept ans. Il habite une maison basse gâchée de terre ocre. Il court pieds nus dans les cailloux. Avec d’autres garçons de son âge, il invente des jeux de guerre. Ici, on fait la guerre, contre les Russes venus d’en bas, de Kaboul, de la grande ville, contre d’autres hommes venus des plaines. On lui a dit que ces hommes pâles, qui ne prient jamais, veulent leur prendre leur pays, les forcer à partir loin de la vallée et des montagnes blanches.

Alors, il fait la guerre, avec d’autres garçons de son âge. En portant sur leurs dos des pierres grosses comme des obus. En arrachant à la carcasse d’un char, qui s’est éventré sur la route, un long tube noir. C’est un lance-roquettes. On se poste haut au détour d’un rocher. On vise l’ennemi qui s’avance et on lance avec une force terrible le caillou contre le buisson russe ou l’arbre dont la silhouette simule un homme. Le bloc de pierre fait sa courbe, tourbillonne dans l’air sec et va frapper le tronc qui tremble.

On peut crier alors, à travers la vallée, comme on l’a vu faire aux combattants. Et les parois renvoient l’écho de ces cris de victoire. On apprend ainsi les manœuvres, et les guerres qu’on mènera, quand on sera grand, à seize ans.

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